Témoignage : être fauchée en début de mois

En 2 mots… Être fauchée, ne pas avoir d’argent, être à court de thune…
Tout ça peut sembler assez compliqué pour mener une vie confortable. Pourtant, Sophie vit cette situation depuis 1 an et avec le recul, beaucoup de recul, elle se rend compte que cela lui apporte des avantages.

Dessin par Will

Elle nous raconte

« Pendant l’année 2016-2017, j’étais en alternance dans un hôtel 5* durant mon CAP restauration, et je gagnais environ 1100€ net par mois. J’étais vernie. Puis, après moult pérégrinations, et la prise de conscience que je ne ferai pas de la restauration mon métier, j’entreprends un service civique. Un service civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général, ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplôme, où seuls comptent les savoirs-être et la motivation. Qui dit service civique, dit 580€ par mois.
C’est une maigre indemnité d’autant plus que je m’étais habituée à un quotidien assez royal. Je ne payais pas de loyer, puisque hébergée chez mon papa dans un super duplex. Mes dépenses étaient constituées principalement de : tabac, nourriture et bière. (Vive la vie pas saine du tout.)

Réduire de moitié mes revenus et continuer à dépasser comme avant a engendré des dépassements bancaires. J’étais à découvert. Tous les mois. De moins 500€. Qui dit découvert, dit agios. Dit lettres d’avertissement : « Si vous ne régularisez pas votre situation, vous serez fichée banque de France. » Dit également stress et culpabilité permanente. »

Après, c’est l’engrenage

« Quand votre carte est bloquée, vous vous sentez minable. Prise au piège, prisonnière de votre propre incapacité à gérer votre budget. On se dit que jamais on pourrait avoir des soucis d’argent. On se dit « ça n’arrive qu’aux autres. » Ca vous tombe dessus comme un caca de pigeon : rapidement et salement. »

Revenons à l’idée principale

« Tout cela n’a pas que des mauvais côtés. En ne pouvant pas dépenser, j’apprends la vie simple. Je ne dépense pas pour dépenser, j’apprends à me contenir et je me dis que face à la société de consommation, c’est pas plus mal. Je me cuisine mes plats, donc j’apprends également l’autonomie et l’indépendance. Je mange moins dans les kebabs. Je vais peut-être arrêter de fumer. »

Pour conclure, dans le dénuement, on se révèle.
Sachez que « l’argent coûte souvent trop cher » – Ralph Waldo Emerson

Au prochain épisode, comment se sortir d’une banqueroute.

(publié précédemment sur Hexag’Online, journal français d’initiative Jeune)

Author: Sophie CALDAGUES

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