Rocketman : le spot de pub qui valait 41 millions

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En 2 mots… Le 29 mai était dévoilé au grand public Rocketman, biopic sur Elton John, développé, produit et promu par Elton John – le tout pour la bagatelle de 41 millions de dollars. Entre comédie musicale énergique et auto-promo assumée, le film se cherche – et on sort de la salle aussi reboosté que perplexe…

Ignoré par son père, Reginald Dwight le génie mal-aimé aura traversé bien des épreuves avant d’atteindre le sommet, sous le pseudonyme que nous lui connaissons – Elton John. Relation toxique avec sa mère puis son manager, dépression, alcool, sexe, drogues et rock’n roll… Le film reprend les codes de la comédie musicale – version trash – pour raconter l’ascension d’une véritable fusée humaine.

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Images : Rocketman, Paramount Pictures

Aux manettes

Non pas Elton John (qui se contente du rôle plus discret mais non moins important de producteur exécutif) mais Dexter Fletcher, qu’on avait déjà pu voir devant la caméra dans des films aussi variés qu’Elephant Man, Arnaques, crimes et botanique ou encore Kick-Ass, et qui n’en est pas à sa première réalisation puisqu’on lui doit déjà 5 films – dont l’encensé Bohemian Rhapsody. En tête d’affiche, l’excellent Taron Egerton (Mémoires de JeunesseKingsmanBillionaire Boys Club…), accompagné de Jamie Bell (Bernie Taupin), Richard Madden (John Reid) et Bryce Dallas Howard (Sheila Eileen Dwight, feu la mère d’Elton John).

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On en pense quoi ?

Le film s’ouvre sur une réunion des alcooliques anonymes, à laquelle se rend le jeune Elton John, dans un costume extravagant. Déjà sous le feu des projecteurs et au bord du gouffre, il se confie, explique comment s’est cultivé son don pour le piano, d’où vient son inspiration, comment s’est forgée son amitié avec Bernie Taupin (parolier britannique à l’origine de la plupart de ses chansons), il blâme son père, puis sa mère, puis John Reid – son manager et ancien amant…

Rocket man burning out his fuse up here alone…

C’est la vie d’un génie (à la nette propension, il faut bien l’admettre, à se poser en victime) qui se dévoile à travers ces confessions… Et si certaines scènes réjouissent, si les costumes colorés et exubérants mettent du baume au coeur, si les tubes d’Elton John disséminés dans le film donnent envie de se lever de son fauteuil pour danser, la sauce ne prend pas – complètement. Les chansons – qui bénéficient malgré tout de l’interprétation brillante de Taron Egerton – ne suffisent pas à sauver un film qui manque de consistance et s’embourbe dans les clichés. Et c’est Sheila Eileen qui balance les mots qui fâchent : en dépit de son talent incontestable, n’est-ce pas un peu la chance qui a fait décoller le fils prodige ? 

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En conclusion, si l’on peut reconnaître à l’artiste une relative transparence concernant sa vie privée – il ne tente de cacher ni ses afflictions, ni ses addictions – Rocketman manque de structure. Il joue davantage le rôle d’une banderole publicitaire dans la carrière de Sir Elton John et nous laisse sur notre faim, malgré une esthétique irréprochable et une très belle performance de sa tête d’affiche.

Author: Mélisande QUEINNEC

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