INTERVIEW – Antoine et Marie, expats au Cambodge

En 2 mots… Fin septembre 2019, je suis allée voir mon frère Antoine qui habite au Cambodge depuis février 2019 avec Marie. Ils vivent et travaillent à Phnom Penh, la capitale.


Le saviez-vous?

Le Cambodge, également appelé « Pays des Khmers » est un pays d’Asie du Sud-Est, peuplé d’environ 16 millions d’habitants. Le Cambodge a des frontières communes avec la Thaïlande à l’ouest, avec le Laos au nord et avec le Vietnam à l’est.


La vue de leur balcon à Phnom Penh

Ce voyage m’a permis de les questionner sur l’avant, le pendant et l’après de leur expérience asiatique. Voici leur interview.

Qui êtes-vous?

Antoine : 27 ans en décembre 2019. Nous vivons au Cambodge depuis 8 mois, je bosse dans une petite agence digitale khmer en tant que chef de projet. Je coordonne 5 à 10 projets en parallèle qui sont des sites webs et des applications mobiles, plus des  projets sociaux venant du ministère ou des ONGs.

Marie : J’ai eu 27 ans en Août. J’habite au Cambodge depuis 8 mois avec Antoine. Je travaille à distance comme data scientist freelance pour une entreprise française.

Pourquoi le Cambodge?

A : J’ai vécu au Vietnam, il y a 5 ans pendant 6 mois et j’ai adoré la culture. Je voulais retourner en Asie avec Marie pour retrouver ce genre d’expérience. En effet, les pays en voie de développement appportent une expérience authentique et sont moins transformés par le tourisme. Je préfère les expériences plus locales.

M : On était en relation à distance depuis 1 an et demi, lui en France, moi en Angleterre. On voulait se retrouver dans un nouveau pays. C’était ma 2ère expérience à l’étranger, Antoine m’a parlé de l’Asie et on s’est mis d’accord pour cette destination. On a changé d’avis pleins de fois. Finalement, on est restés sur une destination avant de penser au travail. On voulait une expérience humaine et personnelle avant tout.

Comment s’est déroulée l’intégration et l’adaptation au pays?

A : Il y a des similitudes avec le Vietnam. Je n’ai pas eu de choc culturel car je l’avais deja eu auparavant. Le pays était conforme à ce à quoi je m’attendais : une sorte de fourmilière cambodgienne – des gens et du bruit partout, de la vie en continu… –

M : Ca a été facile et rapide. Je n’avais jamais été en Asie, je ne savais pas du tout à quoi m’en tenir. Je n’ai été ni déçue ni enjouée, juste surprise de me dire que ce serait ma nouvelle vie pour les prochaines années. C’était un changement radical avec l’Europe : propreté, odeurs, climat… C’est un vrai saut dans l’inconnu, mais quand tu t’expatries, tu trouves toujours quelque chose à aimer.

M&A : Nous avons vite pris des cours de khmer : c’est important de pouvoir communiquer avec des locaux. En plus, ils.elles ne parlent pas bien anglais. Quand tu voyages dans la campagne, si tu parles pas du tout la langue, tout se complique.

Comment est la vie là-bas?

M : Peace et agréable.

A : La notion de temps est différente, on se sent libres.

Les « uber » cambodgiens : touk-touk

Vous fréquentez plutôt des expats ou des locaux?

A : Un peu un mix des 2 : principalement khmer au travail et expats en dehors.

M : Ca nous manquerait un peu de pas être avec des français mais c’est difficile d’avoir les mêmes relations amicales avec des khmers…

Comment sont vu.e.s les frenchi.e.s?

M&A  : Ils.elles sont plutôt bien vu.e.s. Ils.elles ne nous voient pas comme des colons mais se souviennent de la France comme un « protectorat ». On peut dire qu’ils.elles n’ont gardé que le bon côté des choses (les batiments par exemple)…
Il y a toujours cette curiosité envers le « blanc » (les occidentaux) mais ce n’est jamais accompagné de mauvaises intentions.

Vos habitudes ont-elles changées?

A&M : Phnom Penh est sale, du coup on s’est imposé naturellement un mode de vie « healthy », un rythme sain : comme se lever tôt, manger bien, faire du sport, être à l’écoute de nous même…

Paysage typique : culture du riz

Et la solitude dans tout ça?

M&A : Le 1er mois a été dur. On ne bossait pas, on n’avait pas d’interactions. On avait tous les deux une vie sociale active avant et ici, pas de moyens de se faire rapidemment des potes quand tu travailles pas.

Quels sont vos projets après?

M : C’est pas timé. On s’était dit « entre 2 et 3 ans » mais c’est tellement facile de s’expatrier, qu’on ne va pas revenir en France tout de suite.

A : On pense à un autre continent, un autre pays ou une autre ville en France, selon les opportunités.

Votre meilleur souvenir?

A : La relation amicale qui a changé avec mes collègues khmers, quand ils ont  commencé à m’appeler « bong » (frère).

M : Quand on parle khmer et que les locaux comprennent et sourient.

Pire expérience?

M&A : Le côté sanitaire… Morsure de chien et vaccination d’urgence contre la rage : on te demande de payer ou tu meurs.

Marie, tu as entrepris une sorte de retraite spirituelle de yoga?

M : Je fais du yoga depuis 2 ans et pas assiduement. Vu mon emploi du temps (freelance), je voulais un truc qui me plaisait bien, et je recherchais le côté spirituel en plus de la pratique sportive.

Un conseil?

A&M : On s’est rendus compte qu’on a de la chance d’être des jeunes qui peuvent partir, de vivre un rêve qui se réalise.

Sois ouvert.e, fais ta valise, sois curieux et pars !

Si vous partez en couple ou à plusieurs, prenez conscience de partir pour les mêmes bonnes raisons.

Coucher de soleil sur Rabbit Island


Quelques infos supplémentaires :

  • La prise de pouvoir par les Khmers rouges en 1975 et la mise en place du totalitarisme communiste entraîne la mort de plus d’un million de Cambodgiens, persécutés ou assassinés.
  • L’agriculture reste le secteur économique dominant (57,6 % de la population active et 33,4 % du PIB). Les industries principales du Cambodge sont la confection et le tourisme.
  • Bien qu’une partie de la population vive dans l’extrême pauvreté (31 % en dessous du seuil de pauvreté), le Cambodge connaît depuis la fin des années 1990 un fort développement économique et bénéficie de l’afflux d’investissements internationaux.
  • Le PIB par habitant du Cambodge, avec 773 dollars par an et par habitant, reste cependant bien en dessous de la moyenne régionale et au même niveau que nombre de pays d’Afrique sub-saharienne.
  • La majorité des Cambodgiens sont de religion bouddhiste theravāda (96 % de la population, religion d’État), bien que le pays comporte une communauté musulmane cham (2 %) ainsi que quelques tribus des montagnes et une communauté chrétienne (1 %).


 

 

 

 

Author: Sophie CALDAGUES

2 thoughts on “INTERVIEW – Antoine et Marie, expats au Cambodge

  1. Bonne idée ce reportage. Bien ficelé, agréable et instructif. Je comprends bien tout ce qu’ils disent par mon expérience de 12 j en immersion chez des expats a Noël 2018.les avis et témoignages se recoupent. World is in your pocket! Keep going on!

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