Joker : un film, une confrontation

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En 2 mots… Deux visionnages, deux réactions, deux états de choc, deux raisons (ou un peu plus). On vous laisse découvrir Joker, le thriller psychologique de Todd Phillips, sous un autre angle : celui d’une confrontation entre deux cinéphiles du dimanche… quelques lignes pour vous faire votre propre opinion !

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Pitch

« En 1981, à Gotham City, Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge de la société et vit dans un immeuble miteux avec sa mère Penny. Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois hommes et commet là ses premiers meurtres. Arthur bascule dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique. »

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« Un excellent film sur la misère sociale »

Mélisande : « Arthur Fleck est fou. Avant même de s’être installé dans la salle, à condition de connaître (même un tout petit peu) l’univers Batman, on le sait. On n’est ni surpris, ni déçu. Joaquin Phoenix joue le taré, et il le fait bien. Le rire nerveux et incontrôlable du Joker résonne en nous des heures durant après le film.

Mais le film ne traite pas de la folie, à mon sens. Fleck n’est qu’un prétexte. Gotham City n’est qu’une ville parmi d’autres. Le Joker pourrait se planquer dans n’importe quel quartier pauvre de n’importe quelle ville de n’importe quel pays du monde. On s’en fiche. N’empêche, la ville de Gotham, marquée par des inégalités sociales impressionnantes, était le cadre parfait pour un film dystopique qui montre jusqu’où peuvent aller des gens désespérés pour se faire entendre, lorsqu’ils sentent leurs dirigeants trop déconnectés.

En découvrant les coulisses de la vie – plutôt pathétique – d’Arthur, j’ai été envahie d’empathie. Souvent émue. Fascinée. Mais j’ai surtout pensé aux crises sociales existantes. Aux guerres civiles. Et, en France, aux gilets jaunes. Dans Joker, « les pauvres sont des clowns ». Fleck devient, un peu malgré lui, l’égérie d’une révolution, alors qu’il n’agit que par intérêt. Ainsi, dans un contexte social difficile, n’importe qui peut être porté aux nues et s’emparer du pouvoir. Une idée effrayante…

Ah et puis accessoirement, la musique est aussi parfaite que l’esthétique. Un vrai bijou. »

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« Je suis partie avant la fin : un film génant qui fait le pari de la folie »

Sophie : « Ce n’est pas vraiment une confrontation, puisque je suis d’accord avec Mélisande : ce film n’est pas mauvais. Il transmet certes de fortes émotions contradictoires.
Pour parler concrètement, je ne m’attendais pas à un film aussi fort, aussi poignant.

Arthur Fleck est maigre, pas spécialement attirant, tout le monde le ridiculise.
Le film est noir, sombre et très triste à mon sens.
La société est dépressive, sale et les déchets dans les rues sont à l’image des gens qui essayent de survivre.

Le réalisateur des 3 Very Bad Trip (Todd Phillips) a réussi à nous exposer, voire à nous plonger directement dans le cerveau d’un homme, cisaillé par tous ses troubles.

Le Joker remue les tripes mais dans le mauvais sens. Il nous donne en spectacle la misère sociale d’un homme ayant des problèmes psychiques.

La folie parlons-en. C’est cet espoir inexistant qui m’a fait me sentir très mal à l’aise. C’est ce fatalisme que je dénonce.

Joachin Phoenix parvient avec brio à nous gêner, à nous sortir de notre zone de confort. Mais un homme torturé au sens propre comme au figuré ne finit pas spécialement en hôpital psychiatrique.

C’est peut-être mon vécu fragile de jeune ayant côtoyé des troubles qui m’a rendu si écœurée.
On ne peut pas justifier, expliquer ou même glorifier la santé mentale. C’était trop pour moi.

Alors même si le personnage rit tout le temps, je n’ai pas ri. J’ai tourné les yeux et suis partie avant la fin.
Vivement la Reine des Neiges 2. »

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Si l’on peut au moins reconnaître un talent à Todd Phillips, c’est celui de nous faire débattre. Longtemps. Et de nous scotcher à notre siège. Pendant plus de deux heures. Joker choque et fait réfléchir. En somme, le pari est réussi. Why so serious ?

Author: Mélisande QUEINNEC

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