« Adieu les cons » : un imbroglio mélodramatique signé Albert Dupontel

En deux mots… En salle depuis mercredi, le 7e long-métrage d’Albert Dupontel laisse un goût d’inachevé. Entre drame social et comédie douce-amère, le film ne parvient pas à trouver sa place.

Trois ans après Au revoir là-haut, Dupontel reprend les rênes de la mise en scène dans Adieu les cons. La comédie burlesque, malgré sa distribution attractive (Virginie Efira, Nicolas Marié, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker ou le duo du Palmashow….) plonge le spectateur dans le désarroi : doit-il rire ou pleurer ? S’agacer ou s’enthousiasmer ? Le film se cherche et multiplie les situations improbables. Jusqu’à lasser.

Un film décousu

Condamnée par la maladie, Suze, 43 ans, reprend la quête de sa vie : retrouver son fils, né sous X lorsqu’elle avait quinze ans. A ses côtés, deux fracassés : Serge Blin, archiviste aveugle, et JB, informaticien génial et suicidaire raté. Un trio désabusé qui parvient à nous arracher quelques sourires. Notamment grâce à l’atout comique du film, le survolté, limite borderline M. Blin dont les répliques font souvent mouche.

Virginie Efira et Albert Dupontel dans « Adieu les cons » (Gaumont Distribution)

On ne s’attardera pas, en revanche, sur les nombreuses incohérences qui ponctuent Adieu les cons. Ni sur les tentatives d’Albert Dupontel d’injecter, jusqu’à son final violent, un message politique anti-flics quelque peu bancal. Choisir c’est renoncer : visiblement, le comédien n’avait pas prévu de limiter ses ardeurs scénaristiques. Les rebondissements ne manquent pas; ils auraient pourtant gagné à être mieux dosés et les protagonistes, moins caricaturaux.

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Car l’ensemble tourne en rond malgré de bonnes trouvailles et un rythme vitaminé. Le mélange des genres ne fonctionne pas vraiment : à la croisée des chemins, Adieu les cons s’essaie vaguement au vaudeville sans l’assumer jusqu’au bout. Plus mélancolique que drôle, plus mélo que malicieux, le film sonne finalement creux. Vite vu, vite oublié, donc : un film louvoyant qui décolle rarement, malgré un pitch inventif et un casting toujours juste.

Author: Mélisande QUEINNEC

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